
Je ne vais pas parler du film de Sean Penn (j'ai aimé le film et la bande son) mais de mon éventuel Into the wild. Alors pour resituer un peu les choses, j'ai en mai 2007 déposé une demande d'immigration pour le Canada. L'envie de grands espaces, de voir d'autres paysages, de voir une autre culture, une autre manière de travailler, envie de parler une autre langue.... et pourquoi pas revenir dans le pays de mon enfance (même si dans le cas présent, je ne demande pas à vivre au Québec). Comme j'avais mis dans un autre billet, Chercher le vent en quelque sorte. En résumé s'aérer la tête, partir loin, partir sans but précis .. si ce n'est éventuellement celui de fuir. Pour se retrouver ? Pour se poser des questions ? Pour trouver des réponses ?
Je ne pars pas pour fuir une personne, une vie. Je corrige: "... je n'espère pas partir ..." serait plus approprié. Mais même dans ce cas, la phrase ne me plait pas. Je ne fuis rien !! J'espère partir car c'est une envie qui me trotte dans la tête depuis pas mal de temps. Idée que j'ai sans cesse repoussée, trouvant toujours une raison valable (une excuse ??) pour ne pas franchir le pas.
En 2001 déjà, j'avais postulé pour un poste à Dublin ou Edimbourg. The Big Blue pour ne pas citer la société, m'avait, au vu de mon profil, plutôt orienté sur le support Edimbourg. Tout collait. J'avais le profil qu'ils recherchaient, coté anglais même si ce n'était pas a fluent english spoken (and also not a new Shakespeare writer) les personnes aimaient le fait que je prenais un long détour pour m'expliquer même si je ne connaissais pas le terme exact. Les phrases remplies de " heuuuu .. ehhhh ... mmmm ...." ou les silences prolongés (des silences aussi longs que ne le sont les phrases de Proust) n'auraient pas été apprécié. Donc j'étais en route pour Edimbourg, du moins dans ma tête et mes plans sur la comète, et j'ai tout annulé. Un simple coup de téléphone. Cela a pris 10s, le mec à l'autre bout était déçu, m'a demandé pourquoi alors que 15 minutes plus tôt je lui avait confirmé mon envie. La réponse était fort simple. Il y avait des amis à la maison, et une simple réflexion a tout déclenché. Je suis un peu tête de pioche certainement, mais je ne suis pas revenu sur ma décision. Qu'avait-il été dit? simplement "... c'est la solution la plus facile pour toi, celle de fuir ...".
En 2007, j'ai sauté le pas pour le Canada. Pas pour le Québec. Je ne veux pas me retrouver au milieu de frenchy. Je crains de me retrouver à croiser des immigrants arrivant de France et demandant "tu viens d'où ...", afin de chercher une prise, un lieu, un nom ... qui pourrait tisser un lien ou se raccrocher à un pays que l'on vient de quitter. Je ne veux pas de cela, je vise large: LE Canada. Entre les possibilités de demander au niveau Québec (hé oui, ils sont à part, ils sont spéciaux), provincial ou fédéral j'ai opté pour le dernier: le fédéral. Donc mon dossier expédié, mes CAN$ 550 versés, j'ai reçu un mot m'indiquant que le dossier serait traité dès que possible. " ... se référer au site internet pour connaître les délais ...". De 12 à 18 mois. 12 à 18 mois d'attente. Pire que des éléphantes !! J'évitais d'y penser, je ne cherchais même pas à étudier plus l'anglais ou apprendre l'Histoire du canada (plus que ce que j'en sais actuellement). Peu de personnes étaient au courant. Et il y a 15 jours j'ai eu une réponse. Le service de l'immigration me demande de complèter le dossier. J'ai 4 mois pour fournir tous les papiers, qui vont de l'acte de naissance jusqu'au test d'anglais IELTS (TOEFL, TOEIC ...) en passant par les contrats de travail, les civilités d'usage, les diplômes.... Je suis content. Je me dis qu'au moins, j'ai passé le premier barrage et que maintenant j'attaque la seconde phase de mon dossier. Je ne sais pas s'il s'agit d'une nouvelle phase, mais cela fait du bien de savoir que je suis encore dans la course.
Et maintenant, rien ne me fera changer d'avis. pas même les "... c'est la solution la plus facile pour toi, celle de fuir ...".
